AIKIDO COURS TEN-CHI GALERIES DIVERS

 

 

 
TENCHI NEWS
 

Stage d'Aïkido de Malonne, Belgique

 Comme chaque année, au début du mois d'août, le stage de Malonne est l'un des rendez-vous de l'été à ne pas manquer. Il suit la reprise des cours après une interruption de quelques semaines, période durant laquelle certains se sont déplacés jusqu'au Portugal afin de participer au stage de Juillet au dojo Ten-Chi.

Malonne, village du Tada Ima Dojo, nous a offert un ciel dégagé cette année et le grand jardin de Christiane Beguin a accueilli le tatami ainsi que ses pratiquants. A 10h00, une pratique intensive débute sous la direction de Stéphane Goffin. Ce dernier insistera sur l'orientation déjà présentée lors des cours d'armes donnés au dojo Ten-Chi. Ce fut l'occasion, pour ses élèves les plus assidus, de retravailler certaines techniques et pour les autres de découvrir, explorer ou utiliser des principes d'armes. Malgré la rigueur et la concentration que la pratique aux armes nécessite, le stage fut pour tous, un réel moment de plaisir.

Vers 12h00, le premier cours se termine. Les élèves partagent un repas ensemble, certains auront amené leur famille. Après un délicieux barbecue, un verre de

convivialité et peu de repos, les cours reprennent jusque 16h00. La pratique de l'après-midi fut organisée autour de ikkyo et certaines de ses applications. Une fois le cours terminé, certains ressentent le besoin de prolonger cette journée et les barbecues sont alors rallumés…

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Stage d'Aïkido de Wégimont, Belgique

Article extrait de la revue Flash Aïkido de l'Association Francophone d'Aïkido (Aïkikaï de Belgique).

François et Dany m'ont confié la tâche de rédiger un article sur le XXVI° Camp d'été de Wégimont. Cela fait, je crois, ma 22 ème participation à cet événement et, évidemment, la 6 ème avec Christian Tissier Shihan.

Tout a déjà été dit sur l'excellence technique et pédagogique de Christian Tissier, sur sa capacité à motiver les stagiaires et à faire en sorte que chacun donne le meilleur de lui-même. En cela aussi, il est toujours un modèle. Malgré une douleur persistante au genou, son investissement fut comme toujours total. Menant le stage en fonction du niveau et de l'état de fatigue des participants, il nourrit la pratique de chacun et sur la semaine, tous sont au moins passés une fois dans ses mains.

Nous savons que l'enseignement des arts d'origine japonaise et pas seulement celui des arts martiaux, se fait par un apprentissage de la forme, ce que l'on appelle le kata . Mais la forme pour la forme n'est pas grand-chose, tout au plus de la gymnastique. Cependant, c'est par la répétition inlassable de cette forme que l'on s'apprivoise, que l'on apprend à se connaître et que l'on va à la rencontre de l'autre. C'est Shu, Ha, Ri . Shu est la construction, l'édification des bases ; Ha est la remise en question de ces bases, le fait de se les réapproprier et Ri est la prise de recul où l'on peut déposer le bagage de la forme pour n'en garder que l'essence. Shu, Ha, Ri , coexistent et se complètent, l'un n'étant pas supérieur aux autres. En effet, comment dépasser la forme si on ne l'a pas maîtrisée. De même, répéter la même forme sans y porter à chaque fois un regard neuf ne peut conduire qu'à la reproduction de gestes vides.

C'est en cela, à mon sens, que réside le fil d'Ariane de l'enseignement de Christian Tissier : il incarne les concepts de Shu Ha Ri . Tout en étant d'une extrême rigueur dans la forme, il est lui-même en perpétuelle évolution et garde une fantastique liberté dans l'application des principes. Il aidera un débutant à se structurer, à acquérir les gestes basiques et pour celui qui « connaît » déjà la forme, impossible de se reposer sur ses lauriers : Christian va l'inciter à voir au-delà des apparences et à accepter que,

       
 

lorsque l'on croit tenir quelque chose, cette vérité n'est valable qu'un temps. En effet par la pratique, la forme doit s'épurer progressivement pour ne plus exprimer que les principe immuables de l'Aïkido : la conscience de l'instant présent, la vigilance, l'attitude juste au moment juste…

Cela peut paraître déstabilisant, mais l'enseignement d'un maître authentique l'est toujours. Avec Christian Tissier, au-delà de son sourire, il y aura toujours ce choc avec la rencontre d'un enseignement véritable. Il faut accepter de se purger de ses idées préconçues. Cela me fait penser à cette maxime Zen bien connue : un maître Zen reçoit un personnage très érudit et, selon la coutume, lui offre une tasse de thé. Le maître remplit la tasse et continue à verser jusqu'à ce qu'elle déborde. Le savant personnage fait remarquer au maître que la tasse est déjà pleine. Celui-ci lui répond : « votre esprit est comme cette tasse, il déborde et je ne peux donc rien vous enseigner ». Il faut d'abord accepter de faire le vide.

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Mais pour qu'un maître puisse transmettre expérience et savoir dans de bonnes conditions, il faut une équipe d'organisateurs efficaces. Ceux-ci n'ont ménagé ni leur temps ni leurs efforts pour que ce XXVI° Camp de Wégimont soit un grand cru. Merci à Dany, François, Giovanni, Chantal, Michel… qui se sont une fois encore dépensés sans compter.

Stéphane Goffin, Tada Ima Dojo

Christian Tissier et L'auteur


 

 

Lettre aux débutants

 
G.Stobbaerts

 

Celui qui se tourne vers Do ressent, au fond de lui, un appel : le besoin de connaître son être profond, de découvrir sa vraie nature. Commence, alors, pour lui, un long cheminement.

La voie, c'est nous relier à la dimension de sagesse qui nous habite. Mais avant tout, il faut la confiance – en sanskrit shraddha -. D'elle découle tout le reste. Sans elle, rien n'est possible. C'est un lien sans lequel on ne peut grandir. Le témoignage de ceux qui sont plus loin sur la route, est là pour nous éclairer. Les croire, c'est d'abord les écouter. Confusément, nous pouvons déjà pressentir la réalité de notre dimension spirituelle, mais l'aide d'un ancien – en japonais senseï - est nécessaire pour nous guider sur ce chemin d'intériorité. La position juste consiste, alors, à donner sa confiance pour être prêt à recevoir l'enseignement.

 

La Voie est progressive

Dans la Voie, il faut donner le temps au temps ! Tout comme on ne peut pas arracher les racines d'un arbre pour qu'il puisse grandir plus vite. Ce retour sur soi nécessite du temps, de la patience et de la persévérance. C'est un long travail, un champ à cultiver sans relâche, mais sans forcer . Tout est question de dosage. Ce n'est pas par la force que l'on franchit le seuil qui mène au cœur de soi-même ! Peu à peu, la prise de conscience de cette dimension intérieure commence à s'installer de plus en plus souvent, de plus en plus longtemps. Les rechutes sont toujours possibles, si la vigilance n'est pas toujours soutenue. Et comble de l'ironie, dans tout cela, nous ne sommes pas assurés du résultat. En plus de cela, il faut savoir que les fruits produits par cet enseignement quotidien seront abandonnés.

Nous attacher à la découverte facile, au bonheur passager, à la paix goûtée de temps en temps, est un piège. Si nous voulons coûte que coûte les garder et les posséder. Je vous dirais : « voyagez léger, vous aurez plus de chance d'arriver », si l'on trébuche sur un obstacle, il faudra se soigner, se relever, continuer et recommencer en utilisant tous les moyens qui sont à notre disposition, car l'essentiel c'est de continuer…

 
 

Les moyens pour avancer

Les arts du Budo sont des outils précieux aux multiples facettes. Les techniques, la maîtrise du souffle, la concentration, la méditation et l'étude des textes classiques, c'est le chemin obligé, qui se dirige vers un seul but : la découverte de notre être profond . Notre véritable nature est là, au creux de nous même, en germe, en attente d'être développée, d'être délivrée. Mais les obstacles rencontrés sont nombreux et encombrent le chemin.

Notre travail consiste à les ôter ou à les contourner. La pratique est le dépoussiérage nécessaire à faire régulièrement, car la poussière obscurcit cette lumière intérieure et nous empêche de voir clair. Nous trouvons dans le Budo différents moyens, beaucoup de variétés, différents styles, et cela heureusement ! Car nous sommes tous différents et le Budo tient en compte les individualités. Chacun cherchera, puis trouvera les directions qui l'intéressent, qui lui plaisent, qui le feront progresser et les proportions dans lesquelles il introduira telle ou telle activité dans la pratique.

 

L'importance de la lecture

Si la pratique n'a pas un support d'étude de textes, pour le chercheur cela ne sera pas suffisant. Pour la majorité de nos pratiquants, cela semble inutile et dénué de sens. Et pourtant, dès le début nous nous retrouvons face à nous-mêmes. D'abord, dans la confusion, et de nouveaux repères sont à trouver.

Certains iront combler ce vide dans un apport technique, changeant de style, d'école… Mais avec le temps ils se trouveront sur un « parking ». Changer de techniques sans se changer soi-même est une erreur ! Car, celui qui n'a pas une intention pure n'évoluera pas. L'ego sera roi et obscurcira encore plus sa vraie nature.

Dans la voie, tout est apprendre, tout est difficile. Grâce à l'expérience, on comprend mieux le débutant et il faut penser plus judicieusement aux mécanismes d'apprentissage qui doivent lentement se mettre en place. Puis, pas à pas, nous sortons de la confusion, comme nous le dit le Zen : « Au début la rivière n'est plus la rivière, la montagne n'est plus la montagne ; après l'étude, la rivière redevient la rivière, la montagne redevient la montagne ». Les choses s'éclaircissent, un début de sens se dessine à l'horizon. La pratique devient « lâchez prise ». Lorsque nous sommes reliés à nous-mêmes, c'est bien du Budo que nous pratiquons. La lecture, les textes nous habitent. Ils deviennent disponibles pour nous aider à comprendre le monde, à agir avec discernement, à choisir la Voie qui nous guide vers la découverte de Soi.

 
 

A quoi tous ces efforts vont-ils servir ?

S'il est vrai que le chemin apparaît quelque fois long et tortueux, il n'en est pas moins vrai que certains bénéfices arrivent très tôt : amélioration physique et bien être se font sentir. Profitons de ces instants savoureux, où le corps se détend, se tonifie, se déploie, se libère. Mais les beaux jours ne sont pas toujours là. Et de temps à autre, quelques problèmes de santé viennent rompre l'harmonie. Pourtant, si nous plongeons en notre centre, ce qui s'agite à l'extérieur perd de son influence. Nous retrouvons un endroit à l'abri des tourmentes extérieures, un lieu de paix inaltérable. Il y a en chacun de nous une intériorité profonde à découvrir, un espace interne, le lieu de l'Etre… Chacun trouvera le nom qu'il désire lui donner, car cette réalité où tout est serein, inchangé, éternel dépasse les mots. Saviez-vous qu'au centre du son il y a un cœur ?!

 

Quand le dérèglement physiologique est mineur et passager, cet endroit peut sembler accessible. Mais quand la maladie est grave, inversible, est-il possible d'atteindre la paix ? On peut être atteint d'une maladie grave, un cancer par exemple, et dire paisiblement : « Moi, je vais bien, mais ce corps a passé de mauvais moments… » La maladie est le premier obstacle enseigné par Patanjali 1, qui la mentionne dans ses aphorismes Y.S.1.30 : « L'exploration subtile de notre être intérieur accompagné d'une grande lucidité sur nous-mêmes, peut nous aider à atténuer nos souffrances » ; Y.S.1.36 : « Il s'agit finalement de ne pas confondre notre vraie nature avec ce que nous ressentons » ; Y.S.1.37 : « Se placer là au centre de soi-même permet de mieux accepter les pathologies que l'on ne peut pas faire disparaître. »

 

Dans le Budo, tout comme pour le Yoga, le moyen proposé pour atteindre l'état de paix intérieure, consiste à faire de son mieux, à se détacher des résultats de l'action entreprise et à accepter ce qui nous dépasse. Cette attitude quotidienne d'ouverture profonde, suppose l'abandon de l'ego à une force supérieure.

 

Au niveau des tensions psychologiques, la recherche de ce lieu, habité par notre être profond, est une façon de prendre du recul face aux agressions, souvent répétitives de l'environnement. La prise de conscience de ce « Principe Intérieur » permet de relativiser les événements, de dédramatiser les situations quotidiennes et pourquoi pas, de développer l'humour sur soi au regard de nos réactions parfois inadéquates. L'amélioration de nos relations avec les autres devient tangible. Au lieu de foncer dans nos actions intempestives, un temps d'arrêt s'impose afin d'entrer en soi-même. Là, une évidence apparaît : « je suis libre de faire autrement. » Dans cet espace de liberté et de vérité, jaillit une attitude, une action, une réponse avec plus d'amour qui permet d'évaluer et non d'enfermer. Une réponse qui me libère de mes automatismes.

 

Se tourner vers l'intérieur réduit les obstacles, change notre regard, notre écoute et met en lumière ce qui est vraiment important : cet espace où nous faisons l'expérience du permanent et de l'inaltérable. Progressivement, nous pouvons vivre de plus en plus souvent dans la conscience de notre profondeur, qui est disponible à tout instant, en toutes circonstances. Il suffit d'être attentif, de tenter de s'y ouvrir. Chemin faisant, nous comprendrons que la vie intérieure a une grande importance, et sera une démarche plus approfondie. L'unification de notre être est en cours . Pour qui le désire, il ne restera bientôt plus qu'un seul objectif à poursuivre : la découverte de soi. Comment décrire ce plan profond qui nous caractérise en tant qu'individu ? Une présence spirituelle ? Est-ce que c'est vivre l'instant présent sans être parasité par le passé et l'avenir ? Est-ce que c'est différent pour chacun ?

 
 

 

Dans la voie, on dit, qu'il existe autre chose que le mental. C'est autre réalité est supérieure au mental et en est le maître. Elle perçoit toujours tout, c'est un témoin qui nous habite. Les textes sanskrits anciens le nomment « drashtr  - celui qui perçoit ». On dit : « c'est comme deux oiseau sur la même branche, il y en a un qui mange et l'autre qui le regarde. »

Cette compréhension n'est pas de l'ordre d'un savoir, mais d'une expérience psycho spirituelle ; elle s'enracine dans sa propre mutation, dans les conflits que l'on a connus et dans les réponses à la fois empiriques ou personnelles et collectives ou traditionnelles que nous avons su y apporter. Comme le dit Claude Gefre 2  : « c'est de l'ordre du témoin, non celui du docteur. » Ce principe spirituel est toujours relié au corps, à la matérialité. Sa découverte patiente amène le détachement, améliore la compréhension de soi et accroît le discernement.

La pratique du Budo conduit dans un sens juste, nous mène à prendre conscience de notre véritable nature. « Je ne suis ni mon corps, ni mon mental avec son cortège d'émotions et de réflexions. JE SUIS ! »

L'état ultime est la capacité de distinguer le mental en paix, qui fait partie du plan matériel (monde manifesté), de l'entité qui perçoit ; qui fait partie du domaine spirituel (non manifesté). Arrivé à ce niveau de conscience pure, s'épanouit un état de bonheur et de paix. La libération, la sérénité, peuvent éclore. Cet état unifié est le véritable état du Budo :  mushin en japonais.

Pour le travail difficile qui accompagne la pratique, toute une vie y suffit à peine. Mais quelle merveilleuse perspective !

 

« Connais-toi toi-même et tu connaîtra l'univers et les dieux. »

Socrate

 

Bon courage !

Georges Stobbaerts, Hanshi

 

 

1 Patanjali : sage hindou (III- IV° siècle de notre ère), il lui est attribué une des plus anciennes œuvres sur le yoga : Les yoga Sutra de Patanjali.

2 GEFRE Claude, MESLIN Michel, «   Maître et disciples dans les traditions religieuses » , Paris, Ed. Cerf, 1990 . p.222.

 

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